On a essayé la nouvelle Business Class Air France

C’est hier matin dans le cadre du salon IFTM qu’Air France a présenté sa nouvelle classe Affaires. Comme sa devancière elle reste fidèle aux sièges à coque fixe qui privilégient l’intimité et le confort du passager, elle offre un lit de plus de deux mètres qui selon ses dires serait un des plus longs du marché ainsi que de nouveaux rangements. Dernier point, et non des moindres, elle se dote d’un écran 15 pouces 16/9. Voilà pour l’essentiel de l’annonce que l’on peut d’ailleurs retrouver sur le site de la compagnie. Mais passé les détails techniques ce qui compte c’est l’expérience, et cette classe Affaires nous avons pu l’essayer lors d’un benchmark minutieux réalisé avec nos amis de Now Boarding.

A première vue le moins qu’on puisse dire est que cette nouvelle classe Affaires fait preuve d’un certain classicime (Christian Herzog, le Directeur Marketing d’Air France-KLM ayant réfuté le terme de convervatisme en conférence de presse). De loin on croirait une “Premium Voyageur” qui aurait pris de l’embonpoint, de près une “Affaires” actuelle qui aurait été relookée. C’est d’ailleurs le meilleur moyen de la décrire, tout au moins visuellement : l’enfant légitime de l’actuel siège affaires et du siège Premium Voyageur.

On nous promet que ses tons vont donner une ambiance à la fois claire et chaleureuse à la cabine mais les conditions du salon ne sont pas les meilleures pour s’en rendre compte…on attendra donc de la voir dans une vraie cabine.

Vient alors le moment de s’asseoir. Le siège est confortable ce qui est une bonne nouvelle car j’avais personnellement trouvé celui de la Premium Voyageur un peu trop dur dans les premiers temps. La surprise vient de l’étonnant repose pied positionné assez haut sous le siège de devant et s’enfonçant dans toute la profondeur du siège. Et c’est une bonne surprise pour laquelle il faut, parait il, remercier les ergonomes qui ont travaillé sur cette cabine. Il permet en effet des positions assez détendues et relaxantes même quand le siège est droit. Appréciable pour les phases de roulage, de décollage ou d’atterrissage où l’on ne peut incliner le siège (et qui représenterait 25% du temps passé à bord sur un Paris-Montreal par exemple).

Autre surprise, plus mauvaise celle là : pas de “flat-bed” comme cela devient la norme à peu près partout mais un “nearly-flight-bed” où l’on retrouve notre fameux repose pied “haut et profond”. En effet lorsque le siège bascule, son extrémité se relève et vient à son contact, créant ainsi un lit de plus de 2m de long. Même si les conditions ne sont pas optimales pour tester, j’ai en effet trouvé ce siège beaucoup plus agréable en position allongée que l’actuel. D’autant plus que, non seulement on ne glisse plus vers l’avant ce qui était un reproche unanimement adressé à la version précédente, mais en plus on peut ranger un sac ou un laptop sous le repose pied (ceux dont le sac ou le laptop qu’on avait mis sous ses pieds bloquait systématiquemet les mouvements de l’extémité du siège siège comprendront…).

Dans l’opération le siège perd une partie mobile remplacée par le repose pied, donc 5 kg…je vous laisse faire les calculs pour mesurer l’impact sur la flotte et le CO2 qui en découle.

Le siège est également largement plus confortable que l’autre en position “mixte” (encore à cause du fameux repose pieds).

Par contre, malgré la largeur inchangée, j’ai davantage ressenti l’effet “sarcophage” en étant allongé.

Il n’en reste pas moins une sensation un peu bizarre. Air France à clairement fait le choix du classicisme qui n’est certainement pas pour déplaire à une grande partie de la clientèle Affaires. Toutefois, même justifié par le fait qu’il s’agisse du meilleur compromis confort/encombrement possible, l’absence de vrai flat-bed sera certainement diversement ressenti.

L’usage (et les clients) diront si le choix de l’ingéniosité visant à offrir le meilleur confort dans toutes les positions a été payant contre une approche radicalement plus innovante et radicale…mais aussi certainement plus chère. Si la compagnie gagne son pari on pourra dire que ce fameux repose pied a été l’idée de génie autour de laquelle on a construit une offre ingénieuse et sage en termes de coût (100M d’Euros quand même)…dans le cas contraire on parlera de frilosité, de peur chronique de l’innovation et d’un regrettable refus de se distinguer de manière significative. A titre personnel je regrette un vrai flat-bed mais pas les configurations alambiquées (siège en epis, contre la marche) ou les hautes cloisons qui suppriment le sentiment d’espace.

Ceci dit, cette classe sera déployée à partir de la fin du mois et jusqu’en 2013. A cette date elle équipera toute la flotte de B 777 (200 et 300 ER), de A330 et une partie des A380. Le super jumbo, en effet, ne recevra cette classe qu’à partir du 7e exemplaire et il n’est pas prévu de “retrofiter” les 6 premiers qui disposent d’une version évoluée de la version précédente.

On le voit bien dans cette liste : la flotte de B747 est belle est bien sur la fin (ça on le savait même si pas de calendrier officiel de retrait)…et l’A340 devrait être le prochain appareil à également quitter la flotte (remplacé par des B787 ou des A350…mais c’est une autre histoire).

Bref, pas d’effet “WOW” et le traditionnel changement dans la continuité qui rassure les uns et fait trépigner les autres. Maintenant il ne reste plus qu’à l’essayer en vol.

Deux autres annonces ont été faites plus discrètement lors de cette conférence de presse :

- la sortie de l’application iPhone Air France. (Qui arrive en même temps que celle de KLM) et dont nous parlerons peut être plus tard.

- l’ouverture de deux nouvelles long courrier au départ de Paris et vers Orlando et Lima.

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